Farmer Labourer
Farmer Labourer
From there the series returns to the ground—fields, bodies, crops, labour—in FARMER/LABOURER. Here the agricultural world appears first as beauty: furrows, green plots, cotton, bullocks, grain carried home. But the film immediately unsettles this beauty. What seems abundant is in fact under extreme pressure. Farming is shown not as a timeless occupation or a nationalist icon, but as the place where India’s promises of welfare, democracy, and development are tested every day and found wanting. Through the sharp voices of Uttam Kamble, Vijay Jawandhia, Baba Adhav, and many others, the agrarian crisis appears as organised dispossession: seeds, chemicals, procurement, imports, prices, support regimes, commodity chains, and political capture all pressing downward on those who cultivate. Yet the film refuses to isolate “the farmer” from the labourer, the village from the town, or agrarian decline from precarious work more broadly. Rural distress reappears in the city as loading work, domestic work, transport work, sugarcane cutting, contract labour. Women’s bodies become one of the central archives of this violence: underpaid, overworked, policed, surgically altered, and asked to sustain households and economies alike. By the end of this fifth film, agriculture no longer appears as a separate “sector.” It appears as one of the last great terrains where India’s social order still holds together, even as it is being dismantled beneath people’s feet.
Le cinquième film, AGRICULTEUR/TRAVAILLEUR, revient à la terre, aux corps et au travail. Il commence par la beauté apparente des champs : sillons, coton, soja, tracteurs, bœufs, récoltes triées, grains portés à la maison. Puis cette beauté se fissure presque immédiatement. Ce qui paraît abondance est en réalité un monde sous pression extrême. L’agriculture n’est plus filmée comme une figure nationale abstraite ou comme une essence du village indien, mais comme le lieu où les promesses de démocratie, de protection et de développement sont testées tous les jours — et trahies tous les jours. À travers les voix d’Uttam Kamble, de Vijay Jawandhia, de Baba Adhav et d’autres, la crise agraire apparaît comme une dépossession organisée : semences, engrais, prix, importations, soutiens publics, chaînes de valeur, capture politique, tout concourt à maintenir le cultivateur au bas de l’échelle. Mais le film refuse de séparer le paysan du travailleur, le village de la ville, le champ du marché, ou l’agriculture de la précarisation plus générale du travail. La détresse rurale réapparaît en ville sous forme de manutention, de travail domestique, de transport, de coupe de canne, de travail informel. Les corps des femmes deviennent ici l’un des archives les plus dures de cette violence : sous-payés, surexploités, médicalement mutilés parfois, contraints de tenir à la fois le foyer, la production et les réseaux de survie. Ce cinquième film révèle ainsi que l’agriculture n’est pas un “secteur” parmi d’autres, mais l’un des lieux où se défait l’ordre social tout entier.
